Interview – Lolly Wish : « More, More, More », le désir sans demi-mesure

7 ans après Jamais Assez, un premier album remarqué, plusieurs années de collaboration avec le Crazy Horse et une multitude de projets mêlant musique, performance et glamour, Lolly Wish revient avec More More More. Hymne disco-pop incandescent, ce nouveau single annonce un album événement attendu en octobre prochain et ouvre un nouveau chapitre, plus libre, plus audacieux et plus affirmé que jamais.

À l’occasion de la sortie de son nouveau single « More, More, More », premier extrait d’un album attendu à la rentrée, nous avons retrouvé Lolly Wish. Entre burlesque, musique, performance et glamour assumé, l’artiste se livre sur cette nouvelle étape de son parcours.

Bonjour Lolly. Nous sommes ravis de vous retrouver avec ce nouveau single, More, More, More. Pouvez-vous nous le présenter en quelques mots ?

Lolly Wish : More, more, more, c’est l’envie irrésistible et puissante de répondre à ses désirs et ses fantasmes sans absolument aucune limite. J’accorde une grande importance à la liberté d’être soi, et ce, jusque dans l’intimité, jusque dans les draps, jusqu’à l’acte charnel. Être totalement libre dans ces instants est une sensation divine et délicieuse que je souhaite à tous et à toutes. »

On a le sentiment qu’il y a une véritable évolution dans votre univers. Vous êtes une artiste de scène, issue du burlesque mais aussi de nombreux autres horizons, et chez vous tout semble relever de la performance. En quoi ce nouvel album diffère-t-il de ce que vous avez proposé jusqu’à présent ? On perçoit une forme de radicalité nouvelle, une intention plus affirmée, peut-être même plus personnelle. Est-ce que vous pouvez nous en dire davantage sur cette évolution artistique ?

Lolly Wish : En tant que performeuse issue de la scène burlesque et cabaret, j’ai toujours travaillé l’ultrasensualité, l’érotisme. De façon naturelle, j’ai toujours été fidèle à moi-même. J’ai incarné la showgirl que je suis à travers des chansons déjà existantes que je me suis appropriées et que j’ai adaptées à ma personnalité. Ici, nous sommes sur une vision beaucoup plus forte dans la mesure où ce sont mes textes, où j’ai pu travailler avec des auteurs qui, eux, ont écouté et compris les fantasmes que je voulais mettre en scène. Et c’est ça qui affecte une affirmation très précise d’une volonté extrême de montrer au public quelles sont mes réelles projections intimes, qu’elles soient vécues ou fantasmées. C’est vrai, il y a une forme de radicalité qui est très impactante aujourd’hui, parce que ça vient directement de mon être.

Vous retrouvez une nouvelle fois Léonard Lasry pour ce single. Votre collaboration remonte déjà à plus de dix ans. Que retenez-vous de cette aventure commune ? Votre premier titre ensemble, « The Golden Year », avait été particulièrement remarqué et avait notamment accompagné la campagne vidéo des lunettes THIERRY LASRY réalisée par Ali Mahdavi. Vous avez ensuite enregistré ensemble une chanson pour le film « Jour de France » de Jérôme Reybaud. On vous retrouve également dans « Striptease-moi », devenu un tableau incontournable du Crazy Horse, dont vous êtes l’interprète.

Lolly Wish :  Léonard, c’est une grande histoire d’amour, un coup de foudre qui s’est fait il y a dix ans dans une soirée parisienne, une soirée dont on se souvient, et en réalité, on ne s’est plus jamais quittés. Je dirais que travailler avec Léonard, c’est aussi une grande source de plaisir dans la conception et la fabrication des choses que nous avons réalisées ensemble. On a travaillé pour de grandes maisons, pour le cinéma, pour le Crazy Horse aussi. Et finalement, pourquoi ça fonctionne, et depuis si longtemps ? Parce que Léonard est un auteur, un compositeur, un producteur qui aime être entouré de femmes, qui travaille avec des femmes, qu’elles soient comédiennes, artistes, performeuses ou actrices.Je crois qu’au-delà de travailler avec les femmes, il les comprend. Entre le premier album que nous avons réalisé ensemble, qui était une fusion de nos deux univers, et celui-ci, Léonard a parfaitement compris qu’il y avait une urgence assez profonde de vouloir imposer qui est Lolly Wish, que ce soit à travers l’image, les textes, les sons, les mélodies ou la musique. Je crois très sincèrement que, dans ce processus d’un an et demi de travail, il a accepté tous les fantasmes que je lui ai soumis.

Ces dernières années, vous avez également surpris avec plusieurs reprises très personnelles, notamment Je ne veux pas rentrer chez moi ce soir  puis La Bambola. Pourquoi avoir choisi ces chansons ? On a parfois l’impression que vous aimez remettre en lumière des titres cultes qui ne sont pas forcément les plus exploités ou les plus évidents dans le paysage musical actuel. Ce qui frappe surtout, c’est qu’à chaque reprise, on reconnaît immédiatement votre univers. Ces chansons semblent devenir des chansons de Lolly Wish.

Lolly Wish : J’ai pour habitude de ne pas aller à l’encontre de mes désirs. Ces reprises, comme Je ne veux pas rentrer chez moi seule et La Bambola, sont des chansons qui, d’une façon ou d’une autre, m’ont donné envie de les interpréter, sans avoir peur de l’impact que cela pouvait avoir de reprendre des titres aussi iconiques. Je ne veux pas rentrer chez moi seule est une chanson empreinte de liberté et d’insolence, quelque chose d’assez représentatif de ma personnalité. Quant à La Bambola, c’est une chanson que j’avais envie d’interpréter depuis le moment même où j’ai commencé à chanter. J’ai toujours été fascinée par ces icônes des années 60 et 70 qui abordaient parfois des thématiques dramatiques avec une forme de légèreté apparente. J’ai voulu y mettre ma sensualité, ma féminité, mon érotisme. Je crois que j’y suis arrivée. Et je ne suis pas peu fière que, quelques mois plus tard, Madonna reprenne à son tour cette chanson.

More, More, More annonce un album très attendu. Peut-on déjà en savoir un peu plus ? Il est sans doute encore un peu tôt pour tout dévoiler, mais plusieurs rumeurs évoquent de nouvelles collaborations et quelques invités surprises. Pouvez-vous nous donner quelques indices ou nous révéler un ou deux secrets de fabrication ?

Lolly Wish :  Alors si vous saviez…Si je devais parler des secrets de fabrication de cet album, je dirais d’abord que j’y travaille depuis un an et demi. Je suis quelqu’un de très créatif, plutôt le soir, très tard. Lorsque j’écris ou que je travaille sur cet album, je ne suis pas très habillée. Je suis souvent dans mon lit. C’est là que beaucoup de choses prennent forme. Après, il y a aussi la création avec les producteurs, les studios, les échanges avec les auteurs, les longues conversations téléphoniques où j’essaie de transmettre le plus précisément possible les émotions et les fantasmes que j’ai envie de mettre en musique. Et puis évidemment, il y aura des invités sur cet album, une reprise assez audacieuse… mais tout cela reste secret pour l’instant.

Parlons du clip de More, More, More. Après  La Bambola réalisé par Marc Martin, déjà marquée par une sensualité assumée, vous revenez avec une vidéo encore plus audacieuse. Comment est née l’idée de ce clip et que représente-t-il pour vous ?

Lolly Wish : Il était élémentaire pour moi de faire cohabiter dans ces images deux paradoxes essentiels, une dualité entre deux facettes de ma personnalité. D’un côté, celle qui est affranchie, revendicatrice, gourmande, incandescente. De l’autre, celle qui est douce, sensible, angélique, bienveillante, presque Madone. C’était important de faire fusionner ces différentes facettes parce que la société ne nous permet pas toujours d’incarner les deux à la fois. Je suis donc partie sur cette idée d’avoir un côté brûlant et un côté vierge immaculé. J’ai aussi voulu mettre en scène des jeux de miroirs et de reflets. J’ai une fascination profonde pour le travail de Guy Bourdin. Cette réflexion à l’infini représente ce que nous sommes en train de créer et de jouer, sans aucune crainte. J’avais besoin d’être entourée d’amis et d’acolytes afin de créer quelque chose de très érotique mais aussi très léger, presque l’idée d’une pyjama party. Et puis il y a eu, de façon inattendue, l’intervention d’une réalisatrice américaine basée à Los Angeles avec qui je voulais travailler depuis des années et qui est finalement venue vivre à Paris. Tout s’est alors parfaitement organisé.

Pour conclure, qu’aimeriez-vous dire à celles et ceux qui vont découvrir  More, More, More  cet été ?

Lolly Wish : « Laissez-vous vivre d’amour, de passion, de fantasme, de désir, sans trop vous poser de questions. Et avec toujours plus d’envie et de liberté.